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Artiste et Designer, Botticelli

Sandro Botticelli (1445 – 1510) n’est pas que le peintre de « La Naissance de Vénus » ! Ce génie de l’Art florentin de la Renaissance fut un explorateur de l’âme de son temps, un humaniste sensible aux bouleversements qu’il a vécu avec ses contemporains. Le musée Jacquemart André présente une exposition exceptionnelle réunissant une quarantaine d’œuvres qui dévoilent son parcours, l’originalité de sa démarche, les particularités de sa peinture et son extraordinaire maîtrise de cet art.

Orfèvre de formation, il en a gardé le sens du détail et de la finesse d’exécution. Excellent dessinateur, il s’est très vite dirigé vers la peinture en rejoignant un Atelier, un lieu qui réunissait de jeunes peintres autour d’un maître dont ils s’appliquaient  à reproduire la facture. Le premier fut Filippo Lippi chez qui il apprit l’art de la perspective et de la représentation de la fluidité des tissus et des voiles. Botticelli fit une copie fidèle de sa Vierge à l’Enfant où l’on peut admirer la touche déjà très singulière de ce jeune peintre (Vierge à L’enfant, Botticelli).  Andrea del Verrocchio lui enseigna le modelé des visages. C’est dans son atelier qu’il a probablement participé avec le jeune Léonard de Vinci à la décoration de parois de coffres nuptiaux (La bataille de Pydna, Verrocchio), très prisées à cette époque.  

C’est cependant dans son propre atelier que Botticelli put exprimer toute l’étendue de son art. Au-delà de sa production toute personnelle, il fut ce que l’on appellerait aujourd’hui un designer, un concepteur qui choisissait les motifs, élaborait le dessin de l’œuvre alors qu’il laissait la plupart du temps à ses élèves le soin d’appliquer la couleur, se réservant ou non la réalisation des visages.

Ce sont précisément ces visages qui firent la renommée de Botticelli. Celui de La belle Simonetta est venu enrichir la collection de riches banquiers, les Médicis, qui furent ses plus généreux mécènes. Un peu plus tard, il déclina le thème des Venus. Ces jeunes filles nues qui,  par la finesse de leurs traits et la douceur des courbes de leur corps, (Venus Pudica) parfois à peine dissimulées par une parure diaphane (Venus) dégagent une grâce purement éthérée. On retrouve encore ces visages dans de multiples représentations de la Vierge et de l’Enfant Jésus comme La Vierge à L’Enfant dite Madonna Campana ou La Vierge à l’enfant et le jeune Saint Jean-Baptiste

Botticelli fut un explorateur de l’art sous toutes ses formes. Il collabora avec de célèbres sculpteurs et autres orfèvres, ébénistes, tisserands, graveurs, brodeurs (La chasuble).  Il avait constitué un fonds de dessin ou d’esquisses dans lequel l’atelier  puisait pour satisfaire l’avalanche des commandes venant de clients fortunés.

La peinture de motifs religieux occupa une grande place dans son œuvre. Elle a donné lieu à son invention du « Tondo » qui se réfère à un format de toile circulaire (La Vierge et Saint Jean-Baptiste adorant l’Enfant), et à la production de tableaux de plus grande dimension qui, dans les églises, prenaient place au-dessus de l’autel (Rétable du Trebbio)

Nombre de ses tableaux étaient des allégories faisant référence à la situation du moment dans la société florentine ou à celle de la famille des Médicis dont il célébra la gloire en introduisant dans ses toiles des représentations de membres de leur famille (L’adoration des Mages).

Sur la fin de sa vie un moine dénommé Savonarole est apparu à Florence. C’était un extrémiste catholique qui, avec des accents déjà populistes, terrorisait les gens en promettant à chacun les foudres de l’enfer s’ils continuaient à vivre dans le vice et le péché. Dans les toiles produites à cette sinistre époque, les personnages de Botticelli ont perdu l’expression de bonheur, un peu mélancolique certes, qu’ils affichaient jusqu’ici (La Fuite en Egypte).

On doit à Ana Debenedetti, spécialiste de l’art florentin de la Renaissance et Pierre Curie, spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle, cette remarquable exposition qui illustre l’œuvre d’un homme qui, sans emphase mais avec une infinie subtilité, a su traduire l’évolution de son temps et les aspects visibles et invisibles de l’âme humaine.

Christian de Rouffignac et Hervé Lejosne, Rédacteurs, Léa Berroche, Directrice du magazine « Arts Culture Evasions ».

Informations pratiques:

Musée Jacquemart-André

158, boulevard Haussmann,75008 Paris

 Tél. : 01 45 62 11 59

heure d’ouverture:

ouvert tous les jours de 10h à 18h.
Nocturnes les samedis et dimanches jusqu’à 19h30 et les lundis jusqu’à 20h30 en période d’exposition

Le Musée se situe à quelques pas des Champs-Elysées et des grands magasins.
En métro : Lignes 9 et 13, stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule
En RER : Ligne A, station Charles de Gaulle-Étoile
En bus : Lignes 22, 43, 52, 54, 28, 80, 83, 84, 93

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