Déconfiture des Escobars.
Bernard Anton, le romancier venu du Québec, fervent défenseur de l’harmonie globale et expert en poésie japonaise, s’est distingué récemment par son dernier travail éditorial.
Ce livre, à la tonalité inédite, incarne parfaitement l’activisme de l’auteur pour les enjeux contemporains sociopolitiques. La pièce « Déconfiture des Escobars », proposée par les Engagés, interroge par son approche émotionnelle et ludique, offrant une analyse acérée sur les tragédies des affrontements armés, une préoccupation profonde pour l’auteur connu sous le nom de Ben. Le nom choisi pour l’œuvre suggère finement les revers des profiteurs au sommet, exploitant les crises pour avancer leurs agendas égoïstes. Anton plonge dans cette vérité complexe à travers un enchaînement de trente-cinq scènes, unies par un but commun, formant un kaléidoscope d’affects, bousculant et invitant le spectateur à méditer sur les impacts destructeurs des conflits. Cette sortie littéraire, particulièrement opportune dans notre époque, résonne justement…
Bernard Anton s’impose une fois encore comme un virtuose des mots. C’est un poète qui rend hommage à la beauté de la langue française qui transforme les termes pour forger des dialogues percutants. Dans cette pièce surréaliste, l’auteur offre à son audience l’opportunité de ressentir et de sonder la profondeur des thèmes abordés.
Comment affronter les Escobars, les démasquer et surtout les dépouiller de cette influence qu’ils consomment sans retenue, aux dépens des communautés assujetties ?
Dès l’ouverture, Bernard Anton incite ses lecteurs à se lancer dans une exploration dénuée de partialité ou d’appartenance ethnique.
Pour éviter de heurter une origine en particulier, il opte pour l’attribution de noms de couleurs aux factions en lutte, rendant ainsi les combats décrits universellement applicables. Quelle que soit la faction, la primauté est donnée à la valeur des existences humaines, fauchées par les bombardements et les violences.
Au-delà de la complexité du sujet, Bernard Anton célèbre son amour pour la poésie, insufflant ses convictions profondes dans toute la pièce. Cette perspective offre une expérience théâtrale à la fois émouvante, mélodique et rythmée. Les répliques sont ainsi teintées de la poésie presque naturelle de l’auteur.
Cette production met en lumière le contraste saisissant entre la dimension humaine des protagonistes et la terreur de leurs actes, sous les feux des projecteurs. Parmi les nombreux thèmes explorés dans cette œuvre en trois actes, Ben n’hésite pas à fustiger la corruption des gouvernants et la cupidité des chefs militaires. Passionné par la défense des droits humains et de la justice, cette pièce lui sert de tribune pour critiquer les corruptions et fléaux du monde.
Dans un contexte où les discordes internationales et les frictions abondent, cette comédie incarne une signification singulière, qui sensibilisera le public aux enjeux planétaires tout en proposant une opinion tranchée sur les ravages des guerres. Plus que de simples statistiques, des chiffres ou dommages collatéraux, les personnages nous rappellent que derrière chaque tragédie se cachent des êtres humains, des familles éclatées…
Peut-on envisager l’humanité exempte de conflits ? Il est probable qu’il n’y ait pas de réponse définitive à cette interrogation qui flanque le vertige.
Cette œuvre, fragmentée en scènes, permet au public de traverser et vivre une expérience poignante, grâce aux nombreux acteurs qui jouent les multiples victimes des guerres. D’ailleurs, les croquis et illustrations des personnages, disséminés à travers le texte, intensifient l’immersion du lecteur dans l’univers de l’artiste derrière la pièce. Plus qu’une simple comédie, ce récent ouvrage pourrait être transposé sur les planches, donnant corps au texte devant un auditoire. Une tragicomédie qui pousse à une réflexion intense sur les atrocités des conflits et à l’engagement pour la paix… N’est-ce pas d’actualité ?
Pour contester les supercheries, la manipulation et exalter la liberté, Bernard Anton se sert de son art, celui qu’il maîtrise et promeut. À l’instar de nombreux écrivains de son époque, le romancier se saisit du stylo pour appeler au silence des armes. Cette démarche contemporaine et intelligente, suscite l’intérêt pour cet artiste engagé qui s’exprime à travers diverses disciplines.
Article rédigé par Zack SEMINET