Accéder au contenu principal

Rencontre avec … Mónica Cunha

La reine du Fado et ses guitaristes Casimiro Silva et Felipe de Sousa perpétuent cette musique traditionnelle portugaise, le Fado, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Originaire de Lisbonne, Mónica Cunha est baignée dans le chant dès sa jeune enfance et à partir de l’adolescence elle ne chante plus que le Fado. Arrivée en France dans le cadre du programme européen Erasmus, elle obtient un doctorat de littérature portugaise qu’elle va enseigner à la Sorbonne puis à  l’Institut Camões (Centre Culturel Portugais à Paris ). Il y a un lien entre la littérature et le Fado, ils ont la poésie en commun.

Mónica poursuit son parcours de Fadiste pour en faire sa profession. Avec sa voix claire, une diction parfaite, un répertoire étendu qui mêle fados traditionnels et fados musicados, une présence souriante, elle fait preuve d’une étonnante maturité.

Ayant fait voyager sa culture à travers plusieurs pays comme la Belgique, la Suisse ou la Hongrie, elle devient l’une des références du Fado à Paris où elle chante dans des lieux tels que l’UNESCO, l’OCDE, l’Hôtel de Ville et dans de nombreux théâtres, cabarets et lors des événements organisés par la communauté portugaise.

Mónica Cunha est accompagnée par les excellents musiciens, incontournables du Fado parisien, Casimiro Silva à la guitare classique et Felipe de Sousa à la guitare portugaise.

Casimiro Silva

Dans le petit monde du Fado francilien, impossible de manquer Casimiro Silva, le pilier du Fado, homme tranquille, toujours serviable. Il a joué et chanté dans tous les lieux de Fado de la région, a porté le Fado dans nos provinces et dans les pays limitrophes. Originaire d’Alentejo, cette pittoresque région du Portugal, il fut d’abord chanteur avant d’apprendre la guitare – la viola.

Dans sa longue et fructueuse carrière il a côtoyé des grands noms du Fado tels que Manuel d’Almeida, Quinita Gomes, le très grand guitariste Casimiro Ramos, Herminia Silva, une légende du Fado et bien d’autres.

Accompagnateur apprécié, Casimiro Silva est aussi l’un des meilleurs chanteurs de Fado de la place parisienne, disposant d’un vaste répertoire.

Felipe De Sousa

Son premier instrument est la guitare classique qu’il apprend d’abord en autodidacte, puis aux cotés d’autres guitaristes comme Juan Cedrón. Il s’initie à d’autres instruments à cordes (contrebasse, cavaquinho, rajão, guitare fretless…) avant de se révéler dans la guitare portugaise.

À Lisbonne, il devient l’élève du guitariste Carlos Gonçalves qui a été pendant plusieurs années l’accompagnateur de la célèbre Amália Rodrigues.

Pendant ses études de musicologie à l’Université Paris VIII, il s’introduit dans le milieu du Fado traditionnel. Personnalité indispensable du Fado de Paris, ce guitariste accompagne à la guitare portugaise de nombreux artistes français et portugais.

La guitare portugaise, descendante directe du cistre, s’est développée au Portugal pour devenir l’un des instruments les plus répandus. Philippe de Sousa continue de perpétuer ce langage traditionnel mais n’hésite pas à tirer parti des caractéristiques sonores de cet instrument pour l’utiliser sur d’autres champs musicaux.

Le FADO

Style musical incontournable du Portugal, le Fado, qui signifie destin, est un chant mélancolique qui associe musique et poésie. Il exprime une certaine nostalgie d’une chose perdue ou jamais atteinte.

Né dans les quartiers populaires du Portugal dans les années 1820/1840, il devint, sous la dictature de Salazar, le chant national.

C’est la synthèse multiculturelle de danses chantées afro-brésiliennes, de genres traditionnels locaux de chants et danses, de traditions musicales des zones rurales du pays et des courants de chant urbain cosmopolite du début du XIXe siècle.

Ces Fados conservent leurs caractéristiques originelles : soit un chant triste, divertissant ou ironique, soit un dialogue partiellement improvisé entre deux chanteurs. Les thèmes les plus chantés sont la saudade, la nostalgie, la tristesse, les petites histoires du quotidien des quartiers typiques. Il s’agissait des thèmes autorisés sous le régime de Salazar.

Le(la) Fadiste (homme ou femme) est généralement accompagné(e) par une “guitarra” (sorte de cistre en forme de mandoline) et une “violão” (guitare acoustique), des instruments à cordes pincées.

La propagation du Fado a renforcé son image de symbole de l’identité portugaise, débouchant sur un processus d’échanges interculturels avec d’autres traditions musicales.

Depuis le 27 novembre 2011, le Fado est inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité.

Informations :

monicacunha.mail@gmail.com

Article rédigé par Pierre Caspar avec la collaboration de Maud Bruant

Catégories

musique

Laisser un commentaire