La Citadelle des Brumes
Eva de Kerlan est l’auteure du premier tome de « La Citadelle des Brumes ». Le sous-titre de ce roman de fantasy young-adult est « Le Gardien des Brumes ». Cette œuvre fantastique a été publiée sous l’égide de la maison d’édition « Alter Real », à laquelle on doit notamment d’autres petits trésors, dont « Rory Costas : Death Transporter » de Jami Gray, ou bien « Némésis » de Chloé Greenbriar. Cette publication récente possède toutes les qualités que l’on recherche habituellement chez une œuvre de ce genre : aventure, personnages hauts en couleur, magie et bien évidemment de grands retournements de situation, comme on les aime. Par-delà la réalité monotone de la réalité, cet ouvrage mêle habilement surnaturel et réalisme, pour un divertissement efficace. L’auteure parvient à créer une attente autour de son propre récit, ce qui pousse le lecteur à se projeter dans les chapitres, aux côtés de personnages faciles à apprécier, et auxquels nous sommes poussés à nous identifier.
Parmi les atouts de ce premier tome, l’auteure révèle une plume élégante, fluide et légère. Il est facile de rêver et de se figurer les lieux de la cité d’Ys, grâce à des descriptions complètes, mais qui n’assomment pas pour autant. Et c’est là toute la difficulté de la lecture : parvenir à être suffisamment captivé et guidé par l’auteur, sans se sentir emprisonné par ce dernier. C’est parce qu’Eva de Kerlan choisit de traiter des personnages authentiques, qui vont devoir faire face à des épreuves parfois intenses. Lorsqu’un lecteur se trouve face à un personnage qui souffre, notre empathie naturelle nous pousse à nous figurer à sa place et c’est bien normal. Eva de Kerlan parvient à insuffler cette vie à son livre. L’immersion est donc plus que réussie, ce qui est très attendu pour le premier tome d’une saga.
Tout débute par une ouverture en grande pompe, qui signe le début de l’aventure. L’introduction au monde d’Eva est saisissante, grâce à une richesse narrative parfaitement exploitée. Grâce à ses différents points de vue de personnages, le lecteur apprend à connaître les différents protagonistes « de l’intérieur ». Tout en introspection, ce schéma se veut très intime. Le lecteur devient presque « complice » des pensées des personnages, qui évoluent dans ce monde magique. Certains sont dotés de pouvoirs, d’autres non. Afin de ne pas spoiler le contenu de cette petite pépite, cet avis se veut relativement « flou » de façon purement volontaire. L’idée est de vous donner envie de lire, non pas de vous livrer tous les secrets du Gardien des Brumes !
L’un des héros principaux de cette histoire se prénomme Aidan. Son passé sculpte son présent et son avenir. Ce dernier se dirige vers la mythique cité d’Ys, véritable bouleversement dans sa vie. Parmi les thèmes les mieux exploités du roman, l’on peut notamment citer le dilemme de la séparation, l’adaptation à des environnements hostiles : survivre. D’autres personnages intéressants sont développés, chacun ayant leur propre motivation, comme Morgane, personnage féminin très intrigant — que l’on prend plaisir à découvrir, petit à petit…
L’objectif du premier tome d’une saga est souvent de poser les bases. Il faut prendre son temps, afin de ne pas perdre le lecteur dans une foule d’informations. Ainsi, l’introduction doit se faire en douceur, mais ne peut pas s’accorder le luxe de stagner. C’est ici qu’Eva de Kerlan parvient à présenter un contenu digne de ce nom et efficace. Dans son épopée fantasy, les personnages vont devoir redoubler de vigilance, se sacrifier pour découvrir la vérité. Et elle est loin d’être plaisante.
Dans son parcours semé d’embûches, Aidan doit lutter contre vents et marées, tout comme Shawn, son frère. Dans cet univers magique, l’auteure n’hésite pas à y insuffler une grande crédibilité. Après tout, qui dit univers magique ne dit pas forcément « incohérence », bien au contraire. Il faut y accorder d’autant plus de soin, afin de ne pas sombrer dans l’écueil de la maladresse ou prendre les lecteurs pour des idiots. À travers ce récit riche en action, l’auteure y exprime aussi divers messages, traitant de certaines problématiques qui semblent lui tenir à cœur. Au-delà de la recherche de soi, qui imprègne totalement la narration, il est aussi question de traiter de thématiques actuelles, comme le poids des mensonges ou bien les ressources incroyables que l’on peut puiser grâce au courage…
Eva de Kerlan semble se faire plaisir en écrivant, et cela est contagieux pour le lecteur. Dans son écriture, elle permet aux personnages de voyager dans différents endroits, qu’il s’agisse de forêt ou de cité secrète et fascinante. Par exemple, on peut citer un passage en particulier, la traversée de la forêt dévastée. Le temps y est suspendu, tout est figé, comme si Piper Halliwell de la série Charmed avait utilisé son don de sorcière. On apprécie particulièrement l’évolution du personnage de Morgane, la jeune fille rousse — témoin de la destruction et l’approche menaçante de l’obscurité. Cette menace, semblable aux marcheurs blancs de la série Game of Thrones permet de donner une tonalité relativement grave aux évènements qui se déroulent dans ce livre. Il n’est pas seulement question d’aventures sans conséquence, et l’on tremble pour les personnages. L’attaque des « Cilveks » et le chasseur d’obscurité, le « Quara’k » donnent le ton. Certaines tragédies semblent inéluctables. La mort pourrait frapper plusieurs fois, et s’attaquer aux personnages que l’on pense épargnés. Et pourtant… ! Le texte s’achève par un départ (mais on ne dira pas lequel) … Que se passera-t-il ? Pour le savoir, il faudra lire la suite. Avec ses créatures fascinantes et énigmatiques, l’auteure présente une histoire qui tient la route et ouvre la porte à une saga plus fournie. Les éditions Alter Real prouvent, une fois encore, l’aspect foisonnant de leur catalogue. La Citadelle des Brumes plaira à un large public, pour un moment d’évasion réussi, pour une lecture gorgée de suspense, toute en magie.
Article rédigé par Zack SEMINET
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