Douze
Et si demain nous ne parlions qu’ en Alexandrins? Cette question traverse tout le spectacle « Douze » de Jean-Pierre Brouillaud, qui transforme cette utopie poétique en un véritable manifeste scénique.
Dans cette pièce, l’artiste relève un défi audacieux : durant plus d’une heure, chaque phrase prononcée respecte scrupuleusement la métrique des douze pieds. Loin d’être un simple exercice de style, cette contrainte devient le moteur d’une réflexion profonde sur notre rapport au langage et à l’autre.
Dans un décor intimiste où les livres côtoient la guitare acoustique de son fils, Jean-Pierre Brouillaud incorpore des textes d’Aragon et de Lamartine à ses propres vers, et habille d’alexandrins les situations les plus banales. Un automobiliste énervé, un nourrisson balbutiant, un timide hésitant, un rappeur déchaîné : tous trouvent dans la poésie une nouvelle façon d’exister. Cette galerie de personnages révèle comment le rythme des vers peut transformer nos émotions et nos relations. Cette tension constante entre fond et forme génère un humour subtil qui désacralise la poésie sans la dénaturer.
Dans notre époque saturée d’informations instantanées et de fake news, « Douze » propose une alternative : celle de la lenteur, de la réflexion et de l’écoute. Une société qui parlerait en alexandrins perdrait peut-être en rapidité ce qu’elle gagnerait en humanité. Plus qu’un plaidoyer pour la poésie, ce spectacle est une invitation à redécouvrir le pouvoir transformateur des mots. Jean-Pierre Brouillaud nous rappelle qu’avant de comprendre, il faut d’abord ressentir, et que l’émotion précède souvent la raison.
Rendez-vous à la Maison de la Parole à 14 heures 45 jusqu’au 26 juillet 2025 (relâche les jeudis) pour vivre cette expérience poétique unique. Un spectacle qui vous donnera envie de réécrire le monde, un vers à la fois.
Attachée de presse: Dominique Lhotte
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