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Certaines n’ avaient jamais vu la mer .

Adapté du roman  » Certaines n’ avaient jamais vu la mer » de Julie Otsuka, couronné par le prix Femina étranger en 2012, ce spectacle nous embarque dans une traversée bouleversante, entre promesses d’avenir et désillusions .
Entre 1908 et 1920 , des centaines de jeunes Japonaises quittent leur pays natal, entassées sur un paquebot en partance pour San Francisco . Elles ont accepté d’ épouser, par procuration, des hommes dont elles ne connaissent que leur photographie, portraits figés, soigneusement choisis, miroirs trompeurs d’ un futur rêvé .
Sur le pont, les illusions sont encore intactes, dans les cales la réalité est déjà plus âpre . Le mal de mer les terrasse, les couchettes sont étroites, infestées de puces et de punaises . La traversée est longue et éprouvante .
À l’ arrivée aux Etats Unis, le choc est brutal. Les maris ne ressemblent pas aux images envoyées . Les terres promises n’ ont rien d’un eldorado. Commence alors une vie de labeur et de renoncements, rythmée par les travaux agricoles, les corvées domestiques et l’ isolement . Le rêve américain se fissure pour laisser place à une existence faite de courage silencieux et de solidarité féminine . 

Sur scène, cette fresque intime et collective prend corps grâce à l’ interprétation magistrale de deux comédiennes, d’une intensité remarquable . Par la seule force de leur jeu, elles incarnent tour à tour l’ innocence, la peur, la détermination et l’ espoir .
La mise en scène, sobre et d’ une grande précision, refuse tout artifice superflu . Quelques éléments suffisent à faire surgir l’immensité de l’ océan, la promiscuité du bateau, la rudesse des champs Californiens . Des chants ponctuent le récit, comme des échos venus du pays natal, respirations poétiques au cœur de l’ adversité .
Le spectacle touche en plein cœur . Il donne un visage et une voix à ces femmes longtemps restées dans l’ ombre de l’ histoire . On en ressort ému, habité par leur force et leur dignité .
Traversée théâtrale intense et lumineuse à ne pas manquer . 

Article rédigé par Christian Dumoulin

Attaché de presse : Julien Wagner

Distribution

Auteur(s) : Julie Otsuka. traductrice Carine Chichereau

Artiste(s) : Sandrine Briard, Béatrice Vincent

Mise en scène : Delphine Augereau

Interview signée Christian Dumoulin

Informations pratiques :

Au théâtre de Essaïon ,  6 Rue Pierre au Lard, 75004 Paris

Téléphone :  01 42 78 46 42

Réservation

Dates des représentation

du 11 mars au 25 mars 2026.

Jour et heure

Les mercredis à 21 heures

Publié par Léa Berroche

Catégories

Théâtre

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