Accéder au contenu principal

La Frappe

Comment reconstruire une famille lorsque celle-ci s’est bâtie sur la violence et le silence ? C’est toute la question au cœur de » La Frappe », premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri.
À 19 ans, Enzo et sa sœur Carla sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Alors que leur père, Anthony, vient de sortir de prison, Enzo veut croire à une possible réconciliation. Pour lui, malgré les blessures et les années d’absence, il reste peut-être quelque chose à sauver : une famille, ou du moins ce qu’il en reste.


Carla, elle, ne peut s’y résoudre. Victime d’inceste, elle refuse l’idée même d’accorder une seconde chance à son père. Là où son frère voit encore l’espoir fragile de renouer les liens, elle porte un passé dont il est impossible de tourner la page.
Pour son premier long métrage, Julien Gaspar-Oliveri aborde avec justesse les mécanismes de l’emprise psychologique et les ravages des violences intrafamiliales. En choisissant de traiter la question de l’inceste, le réalisateur s’empare d’un sujet difficile, encore trop souvent entouré de silence. Si cette thématique trouve une résonance autobiographique pour lui, le récit du film ne l’est pas directement.


Le réalisateur s’intéresse surtout à ce qui reste après : les blessures invisibles, le poids du silence et la manière dont une même histoire peut être vécue si différemment au sein d’une fratrie.
C’est sans doute là que » La Frappe « trouve sa plus grande force. Le film ne cherche pas à apporter de réponses faciles. Il montre la complexité des sentiments, ce besoin parfois difficile à comprendre de vouloir encore aimer celui qui a fait du mal, et l’impossibilité, pour d’autres, d’envisager le moindre pardon.
Porté par un jeu d’une grande justesse, le film doit beaucoup à ses jeunes interprètes. Romane Fringeli impressionne dans le rôle de Carla, qu’elle incarne avec une intensité et une fragilité bouleversantes. Face à elle, Diego Murgia trouve parfaitement sa place dans le personnage d’Enzo, partagé entre son désir de reconstruire et une réalité familiale qu’il ne peut ignorer. Ensemble, ils donnent au film une vérité parfois glaçante.


Doublement primé au Festival d’Angoulême, » La Frappe » marque par la force de son propos et la sincérité de son regard. Julien Gaspar-Oliveri signe un premier film sensible et douloureux.
Un film qui dérange, qui émeut, mais surtout qui reste longtemps en tête. Parce qu’au-delà du drame familial, « La Frappe » interroge avec force la possibilité de se reconstruire lorsque le passé continue de peser sur le présent. 

Distribution:

Un film de Julien Gaspar-Oliveri

Avec Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli

En salle le 2 septembre 2026

Catégories

Cinéma

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Arts Culture évasions

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture