Les filles aux mains jaunes : Quand la guerre bat au rythme des femmes
1914. Alors que les hommes partent au front, les femmes se retrouvent à fabriquer les armes censées assurer la victoire. Dans les usines, elles travaillent sans relâche au péril de leur santé et malgré de nombreuses inégalités.
Les filles aux mains jaunes, c’est le destin de quatre femmes que rien ne semble rapprocher, si ce n’est leur participation à l’effort de guerre, loin de toute reconnaissance.
Dans la mise en scène de Alexander Liebe, le poids de la guerre se fait ressentir. Entre le labeur des ouvrières, les moments de complicité entre elles et l’annonce de mauvaises nouvelles, le spectateur est maintenu dans une tension émotionnelle constante.
Les mots sont forts, tout comme les expressions. Le jeu des quatre comédiennes est si touchant et profond que le spectateur se sent à leurs côtés, comme ramené à l’époque de la guerre. Chacune a son propre caractère, ses ambitions, ses forces et ses faiblesses et elles sont représentées avec justesse. Ainsi, bien qu’elles s’inscrivent dans une période historique éloignée de la nôtre, il est facile de s’identifier à elles, de les comprendre et de soutenir leurs choix et leurs revendications, toujours d’actualité à travers la question de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Le décor, quasiment inexistant, s’impose comme un choix fort. Pourquoi rajouter un décor à un environnement triste, sombre, et hostile ? L’important, c’est la place des femmes, et ici l’accent est mis sur elles. Elles se retrouvent au centre de l’attention. Ce sont leurs expressions, leurs mots, leurs mouvements, leurs déplacements qui créent le lieu. De plus, cette scène épurée ajoute une sorte de tension, un espace qui devient propice aux émotions fortes, dans lequel le spectateur est directement plongé. Et c’est sans compter la proximité des comédiennes avec les premiers rangs, qui rend l’histoire d’autant plus réelle.
À la fois émouvante et engagée, Les filles aux mains jaunes ne laisse pas indifférente. Elle propose un regard rarement mis en avant sur la Première Guerre mondiale et s’impose comme une expérience théâtrale à la fois sensible et marquante.
Informations pratiques:
Du 3 au 25 juillet 2026 , relâche les 8, 15 et 22 juillet.
À 10h45, Durée : 1h30
Théâtre le Verbe Fou 84000 Avignon
Compagnie en Suspens :
Alexander Liebe – Mise en scène
Love Bowman – Interprétation
Nolwen Cosmao – Interprétation
Alicia Rousseau – Interprétation
Lucile Roux-Baucher – Interprétation
Eduardo Pereira – Graphisme
Rose Merle – Costumes
Alicia Rousseau – Costumes
Article signé Samantha
Catégories