Le Circuit Ordinaire

Dans l’atmosphère feutrée d’un bar devenu le théâtre d’un affrontement psychologique redoutable, » Le Circuit Ordinaire « explore avec acuité les rouages de la délation et les rapports de domination qu’elle engendre.
Un commissaire de police convoque un dénonciateur anonyme, auteur de lettres malveillantes. Représentant d’un régime autoritaire, l’officier semble d’abord détenir tous les leviers du pouvoir. Pourtant, au fil des échanges, les certitudes vacillent et les positions se brouillent. L’interrogatoire se mue peu à peu en un duel où chacun tente de prendre l’ascendant sur l’autre. Dès lors, le spectateur s’interroge : qui est réellement le prédateur ? Qui manipule son adversaire ?
La confrontation gagne progressivement en intensité. Le thème de la délation est abordé avec subtilité, révélant les ressorts de la peur, de l’emprise et de la lâcheté ordinaire. En retrait, une serveuse étrange et silencieuse observe la scène. Telle une présence omnisciente, comparable à un » œil de Moscou « , elle semble tout voir sans jamais intervenir.

Portés par une remarquable complémentarité, les deux comédiens incarnent leurs personnages avec une justesse remarquable. Leur jeu, précis et nuancé, maintient une tension constante tout en laissant surgir quelques touches d’humour bienvenues. Le rythme ne faiblit jamais et conduit le public vers un dénouement inattendu, singulier et ouvert à plusieurs interprétations.
Prisca, dans son rôle d’observatrice muette, impose une présence discrète mais essentielle. Sans un mot, elle contribue pleinement à l’atmosphère mystérieuse qui enveloppe la pièce.
La mise en scène, travaillée avec finesse, s’appuie sur un décor soigné, des éclairages maîtrisés et une création musicale parfaitement intégrée au récit. Chaque élément participe à la construction de cet univers troublant.
Jusqu’à la surprise finale, le suspense demeure intact et retient l’attention du public. Servie par une distribution de qualité, cette création offre un moment de théâtre aussi prenant que stimulant.
À travers cette œuvre, les auteurs mettent en lumière les mécanismes de la dénonciation et leurs conséquences sur les individus comme sur la société. Un sujet d’une résonance particulière à notre époque, traité avec sensibilité et profondeur.
Article rédigé par Léa Berroche
Attachée de presse: Dominique Lhotte
Distribution:
De Jean-Claude Carrière
Avec Yann Collette, Stéphane Bierry, Prisca Lona
Mise en scène Alexandre Tchobanoff
Informations pratiques:
Théâtre du Girasole, 24 bis Rue Guillaume Puy, 84000 Avignon
Téléphone: : 04 90 82 74 42
Date et jours des représentations:
Du 3 au 25 juillet à 13h35 ( relâche les 8, 15, 22 juillet )
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