Animalia. L’animal entre art et protection.

Exposition «Animalia» à l’Hôtel de la Marine à Paris jusqu’au 10 janvier 2027. Découvrons comment notre regard évolue, entre fascination culturelle, avancées législatives et engagements pour défendre les animaux.
Et si l’histoire de l’art avait commencé avec les animaux ? Dès le Paléolithique, les peintures rupestres témoignent de l’intérêt que leur porte l’être humain. En s’identifiant à eux, en les rêvant, en les domestiquant ou en les sacralisant, il fait de leurs représentations un miroir de sa propre existence.
La Collection Al Thani présente un bestiaire de plus de 120 œuvres célébrant les relations entre humains et animaux à travers près de quatre millénaires de civilisations. Pour sa cinquième exposition parisienne, elle retrace ce dialogue du IIIᵉ millénaire avant J.-C. au début du XXᵉ siècle. Dans quatre salles à l’éclairage tamisé, où les œuvres semblent flotter, le visiteur voyage à travers le temps et les cultures. De l’Égypte pharaonique à l’Asie, en passant par l’Europe, chaque civilisation a façonné son propre bestiaire. Les espaces d’exposition temporaire de l’Hôtel de la Marine plongent le visiteur dans un univers où la faune occupe une place essentielle
L’animal, du sacré au pouvoir.



Depuis des millénaires, les animaux sont représentés de multiples façons, entre croyances, légendes et symboles. Dans l’Égypte antique, plusieurs divinités prennent ainsi une apparence animale, explique Hélène de Givry, responsable des contenus scientifiques à la Collection Al Thani. Cette dimension sacrée se retrouve aussi dans les contes et les légendes, où les créatures sont tour à tour célébrées et combattues.
Mais l’animal est également un symbole de puissance. « Beaucoup des œuvres que nous montrons sont liées à des commandes prestigieuses de rois et d’empereurs. Donc ces œuvres, d’une manière ou d’une autre, servent souvent à illustrer leur pouvoir », souligne Hélène de Givry. Lion, tigre et cheval incarnent notamment cette autorité. Domestiqué plusieurs millénaires avant notre ère, le cheval devient un symbole de prestige et de pouvoir. Une salle entière de l’exposition lui est consacrée.
L’être humain cherche aussi à s’approprier les caractéristiques animales. Dans certaines cultures, notamment au Pérou et chez les Olmèques au Mexique, des objets liés au chamanisme représentent des figures mêlant traits humains et animaux. Il y a donc ici une fusion entre les caractéristiques animales et humaines, commente Hélène de Givry.
Organisée par la Al Thani Collection Foundation en collaboration avec le Centre des monuments nationaux, l’exposition témoigne ainsi de la richesse des liens entre l’homme et le monde animal.
Hôtel de la Marine
2, Place de la Concorde – 75008 Paris
Ouvert de 10 h 30 à 19 h. Entrée : 13 €
Informations et réservations :
https://www.hotel-de-la-marine.paris/agenda/animalia
Autres expositions actuelles ou à venir sur les animaux :
Chiens & Chats. Cette exposition sensorielle et interactive décrypte le comportement, les aptitudes et la psychologie de nos compagnons à quatre pattes. Elle s’appuie sur les dernières découvertes scientifiques pour déconstruire les idées reçues. Jusqu’au 7 mars 2027 à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris.
Animal Expo (Animalis Show). C’est le plus grand salon de France dédié aux animaux de compagnie. Il réunit plus de 300 exposants et propose une immense exposition féline, un village canin, des reptiles, ainsi que des démonstrations (canicross, agility). Les 24 et 25 octobre 2026 au Parc Floral de Paris.
Expozoo (Paris Animal Show 2027). Un rendez-vous incontournable qui accueille la plus grande exposition féline d’Europe, des présentations de races de chiens et des espaces entiers dédiés aux reptiles et aux aquariums. Du 19 au 21 mars 2027 à Paris Expo. Porte de Versailles. (la journée du 19 étant réservée aux professionnels).
L’Aquarium de Paris. Une exploration quotidienne à travers 70 bassins abritant plus de 13 000 poissons, des requins et une immense collection de méduses. Dans les jardins du Trocadéro à Paris.
La condition animale de nos jours.
Il existe toujours dans le monde des animaux sacrés comme la vache en Inde, l’éléphant en Thaïlande, le crocodile au Burkina Faso, le renard, le serpent et le corbeau au Japon, le rat au Rajastan. Ce n’est plus guère le cas en Europe et en France où la notion de « valeur sacrée » historique ou religieuse a fait la place à une « valeur éthique et juridique » de l’animal désormais reconnu comme être vivant doué de sensibilité et protégé par la loi.
En France, la protection animale connaît des avancées législatives importantes mais fait l’objet de vives critiques de la part des associations face aux difficultés d’application sur le terrain.
Les dernières mesures et le plan gouvernemental (2026) en France.
Le 28 juillet 2026, le Premier ministre a présenté un plan d’action interministériel pour renforcer le bien-être animal et achever la mise en œuvre de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale :
– Sanctions en animalerie : Un décret publié en août 2026 officialise des amendes de 5e classe (pouvant aller jusqu’à 1 500 € ou plus selon les cas) pour l’exposition et la vente de chiens ou de chats en animalerie (interdites depuis 2024),
– Soutien aux refuges : Une somme de 10 millions d’euros a été débloquée pour aider les refuges et les structures locales face à la saturation et financer des campagnes de stérilisation,
– Interdiction prochaine de l’importation de trophées de chasse d’espèces menacées,
– Encadrement des Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) via une « liste positive »,
– Intégration d’un module sur la maltraitance animale dans la formation des magistrats à partir de 2027.
– Canicule : De nouvelles directives de protection ont été actées pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs.
Ce que dénoncent les associations.
Malgré ces annonces, les associations de protection animale (comme celles regroupées au sein du réseau Défense de l’Animal) et plusieurs juristes signalent un contraste fort entre les textes et la réalité :
– Refuges débordés : Les abandons restent massifs et les structures locales manquent cruellement de moyens financiers et de places.
– Contrôles insuffisants : Les associations et des collectifs de juristes pointent du doigt la faiblesse des inspections dans les élevages (estimées à environ 1 % par an) et le faible taux de sanction effective des infractions.
– Statut juridique : En droit français, bien que l’animal soit reconnu comme un « être sensible » depuis 1976, il reste juridquement rattaché au régime des biens meubles et la maltraitance relève du délit et non du crime.
La France compte des milliers de refuges et des centaines d’associations qui viennent en aide aux animaux. Rejoignez les, devenez bénévoles ou familles d’accueil, aidez-les car les besoins sont immenses.
Quelques adresses pour vous guider :
Reportage réalisé par Pierre Caspar avec la collaboration de Maud Bruant
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