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Critique du Macbett de Ionesco (et non Macbeth) au Théâtre Récamier à Paris fin 2026

Le journal La Terrasse a publié un article sur une pièce, Macbeth, mis en scène par Jérémie Le Louet. Ayant déjà aimé ses mises en scènes des années 2010 j’y suis donc allé et en ai profité pour l’interviewer, puis écrire cette critique du Macbett de Ionesco (et non Macbeth) au Théâtre Récamier à Paris fin 2026.

Trois raisons pour aller voir cette pièce:

  • Découvrir le MACBETT de Ionesco !
  • Vivre l’expérience d’une mise en scène de Jérémie le Louet
  • Redécouvrir le théâtre Juliette Récamier qui relance des programmations depuis septembre 2026

Le Scenario de Macbett par Ionesco

Macbeth de Shakespeare commence avec 3 généraux dont Macbeth et Banquo revenant de batailles pour le compte du roi Duncan et rencontrant 3 sorcières dans la forêt. Le Macbett de Ionesco commence avant cela, avec ces batailles de Macbeth et Banquo contre 2 généraux rebelles, puis se continue avec la rencontre d’une seule sorcière.

Critique du Macbett de Ionesco  (et non Macbeth) au Théatre Récamier à Paris fin 2026

Ionesco qui a écrit la pièce en 1972 présente certains caractères psychologiques qui ne sont pas dans Shakespeare, et noircit, diabolise davantage l’histoire de Shakespeare qui était déjà tragique.

  • Il montre en particulier un sujet très d’actualité ces temps-ci, la notion d’uniformisation de la pensée. Elle est montrée dans les 2 couples de généraux : les 2 rebelles d’un côté et Macbeth et Banquo de l’autre. Ionesco a créé 2 paires de clones. Cette notion de doxa, formatage est moderne, s’est développée surtout après 1900, née de l’influence sur la masse d’une presse suivant en troupeau des directives ou une idéologie. Elle existait peu du temps de Shakespeare dont la psychologie des personnages était motivée principalement par l’honneur de la parole et à contrario les intérêts personnels la brisant. Les scénarii, jouant avec les 2, étaient des manipulations sur des individus mais peu sur la masse populaire (il y a bien un peu de manipulation de la foule Londonienne pour demander Richard III comme roi).
  • Comme chez Shakespeare on retrouve la notion d’intérêt personnel comme motivation profonde des individus chez Ionesco : en récompenses, avantages, gains, pouvoir, femme, gloire. A contrario on y trouve peu la notion de dévotion à une cause.
  • Au contraire de Shakespeare qui présente Duncan comme un bon roi, Ionesco le présente comme un roi tyrannique, injuste et colérique.
  • Ionesco rend diaboliques la sorcière de Ionesco. Elle s’adresse à chaque général seul à seul au contraire de Shakespeare et créé la zizanie en montant Banquo contre Macbett. Elle se dévoile à un moment sous les traits usurpés de la femme de Duncan, elle séduit Macbett, et pousse Macbett et Banquo à tuer Duncan.
  • Ionesco montre aussi comment rapidement on change de bord. Une fois ligués contre Duncan, Macbett et Banquo reprennent tous les arguments des 2 généraux rebelles qu’il avaient combattus.
  • Ionesco montre encore l’horreur de la guerre par les exploits racontés de millions de morts faits par les divers généraux. Ce n’était pas ces chiffres du temps de ces rois et chevaliers. Ionesco rappelle là à l’esprit des spectateurs des années 70 les 2 guerres mondiales du 20 ème siècle.

La Mise en Scène

Ce qui frappe le plus au long de la pièce est la qualité du décor qui repose en particulier sur des jeux de lumières et souvent de brumes. Au début de la pièce déjà les acteurs apparaissent et disparaissent simplement en passant d’une zone de la scène en obscurité à une autre éclairée par projecteurs, avec un effet de bruine en plus sur la limite des 2. La sorcière de même plus tard.

La noirceur de la pièce est renforcée en donnant le sentiment que beaucoup se passe la nuit, une pleine Lune lumineuse est projetée en permanence en haut de la scène.

La lecture de l’annonce que l’on retrouve dans le presse et sites de réservation présente la pièce comme burlesque. Bon j’avoue avoir ri de plusieurs bons mots et de jeux d’acteurs bien mis en scène et joués qui rendent comique une situation dramatique par moment. Mais il s’agit de guerres, meurtre, trahisons, tyrannie et pour Macbett qui espérait un beau futur une fois roi, la conclusion sera finalement « Tout ce qui se passe est le contraire de ce qu’on espère« .

Vous entendrez aussi une bonne critique de cette pièce à la 44ème minute dans le « Masque et la Plume » du 18 octobre 2018 sur France Inter.

L’interprétation

Les mouvements de scène, positions en tableau des acteurs, sont parfaits pour que le public suive bien ce qui se passe sur la scène. La diction est claire, le plus souvent à très haute voix.  En effet la pièce est principalement faite de batailles, affrontements, rivalités, meurtre, tyrannie. Le ton de diction des acteurs est en conséquent ici fort, le plus souvent violent, colérique ou en stress. La sorcière quant à elle murmure ou parle normalement en s’adressant aux généraux. Il manque juste un peu de duplicité ou diabolisme au ton de sa voix.

Trois raisons pour aller voir cette pièce:

  • Découvrir le MACBETT de Ionesco !
  • Vivre l’expérience d’une mise en scène de Jérémie le Louet
  • Redécouvrir le théatre Juliette Récamier qui relance des programmations depuis septembre 2026

Article signé Alexandre Troppi

Informations Pratiques

  • Lieu: Théâtre Juliette Récamier, 3 rue Juliette Récamier 75007 Paris
  • Metro: Sèvres – Babylone (M10 / M12)
  • Dates: jeudis, vendredis et samedis à 19h et les dimanches à 15h, juqu’au 20 décembre 2026

Une production de la Compagnie « Les Dramaticules« 

Mise en Scène Jérémie Le Louet

Critique du Macbett de Ionesco  (et non Macbeth) au Théatre Récamier à Paris fin 2026

Acteurs: de gauche à droite

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