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Eagles of Death Metal, la tournée européennes 2026-2027

Le groupe Eagles of Death Metal annonce une grande tournée européenne pour 2026-2027. Baptisée « Death by Sexy », cette tournée célébrera le 20e anniversaire de la sortie de leur album emblématique. Une occasion pour le groupe de retrouver son public à travers plusieurs villes européennes et de faire revivre sur scène l’énergie et l’esprit de cet album incontournable.

Je vous en fait la critique ci-dessous après l’avoir vu le 3 novembre .

Quatre ans après leur dernier passage parisien, les Eagles of Death Metal ont retrouvé La Cigale pour une soirée de rock’n’roll à haute intensité. Entre riffs rock’n’roll incendiaires, groove stoner et ferveur communicative, Jesse Hughes a livré un spectacle aussi électrique qu’émouvant. Descendu dans la fosse, monté jusqu’aux balcons, le chanteur a transformé ce concert en une étonnante célébration de la musique et de la fraternité.

Il y avait, ce mardi 03 novembre, quelque chose de plus qu’un simple rendez-vous rock à La Cigale. Depuis leur passage à l’Olympia, le 26 avril 2022, les Eagles of Death Metal n’avaient plus retrouvé le public parisien. Quatre années d’attente, dans une ville où le nom du groupe demeure à jamais associé à la tragédie du Bataclan et aux attentats du 13 novembre 2015. Autant dire que le retour de Jesse Hughes dans la capitale revêtait une résonance singulière. Et l’intéressé n’a pas tardé à laisser paraître combien ces retrouvailles lui tenaient à cœur.

Eagles of Death Metal, la tournée européennes 2026-2027



20 h 30. Les premières notes de la bande originale du Rocky Horror Picture Show annoncent l’entrée en scène. Tout de blanc vêtu, jean à bretelles et chemise, sous une veste dorée scintillante, Jesse Hughes apparaît dans son uniforme de dandy rock’n’roll. Mèche rebelle, moustache conquérante, allure dégingandée, le personnage est immédiatement reconnaissable. Mais derrière cette extravagance affleure une émotion inattendue. Le chanteur prend le temps de scruter les spectateurs dans la fosse, accroche leurss regards. À plusieurs reprises durant le, il se frottera les yeux et tournant le dos au public, manifestement bouleversé.

Eagles of Death Metal, la tournée européennes 2026-2027


Ce soir le répertoire fait la part belle à Death by Sexy…, deuxième album paru en 2006, dont treize morceaux sont interprétés. « I Want You So Hard (Boy’s Bad News) », « I Got a Feelin (Just Nineteen) », « Cherry Cola », « Solid Gold » ou encore « Don’t Speak (I Came to Make a Bang!) » rappellent combien cette collection de chansons demeure le cœur battant de leur discographie. Quelques échappées conduisent également vers Peace, Love, Death Metal (2004), avec « I Only Want You », et Zipper Down (2015), avec « Complexity » et « I Love You All the Time ».


« Vous n’avez pas idée à quel point je suis heureux d’être là, motherfuckers ! », lance-t-il, avant de poursuivre : « Because I love you ». Une déclaration qui donne le ton de la soirée. Il invite bientôt son épouse, Phoenix Plischke Hughes, à le rejoindre pour assurer les chœurs. Sa présence semble le rasséréner. Jesse retrouve alors toute sa superbe, danse, sautille et esquisse avec son micro d’improbables mouvements d’haltérophilie.
À ses côtés, Scott Shiflett cisèle à la guitare des chorus incisifs et des riffs abrasifs. La basse de Dustin Douglas et la batterie de Leah Bluestein composent une assise rythmique puissante, implacable. Le déroule un à un les titres  avec une remarquable cohésion, sans jamais laisser retomber la tension.

Eagles of Death Metal, la tournée européennes 2026-2027


La musique des Eagles of Death Metal ne s’embarrasse guère de sophistication inutile. Elle préfère l’efficacité des riffs épais, les guitares saturées, les basses telluriques et les rythmiques martelées. À la croisée du garage-rock, du stoner et du hard-rock des 70’s, le groupe cultive un rock’n’roll à la fois charnel et sulfureux, toujours traversé d’un groove irrésistiblement dansant. La voix de Jesse Hughes, tour à tour gouailleuse, théâtrale et perchée dans les aigus, parachève cette déflagration sonore.
Dans la salle, la ferveur est à son comble. Les « Jesse ! Jesse ! » répondent aux morceaux. Le chanteur lève son verre de bière et La Cigale entonne spontanément : « Il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres ! » L’intéressé savoure. Il descend dans la fosse, se mêle à la foule, distribue ses médiators et lance à l’assistance : « Do you love rock’n’roll ? Do you have a good time ? »

Eagles of Death Metal, la tournée européennes 2026-2027


Entre deux décharges électriques, Jesse Hughes s’improvise prédicateur. Gestes amples, voix exaltée, il célèbre les vertus du rock’n’roll comme un pasteur devant ses fidèles. Il évoque longuement sa mère, qui lui a appris à aimer les gens, remercie ses musiciens et rend hommage à son épouse. Si le discours semble théâtral, extravagant, il est aussi empreint d’une sincérité désarmante.
Ce soir le chanteur descends dans la salle, rejoint le premier balcon et y interprète « I Love You All the Time ». Puis plusieurs spectateurs sont invités à monter sur scène. Jesse les accueille, les embrasse un à un et leur adresse ces mots : « You are my family now ». Une communion avec le public. Le final s’annonce à la hauteur de ce show  généreux. « Vous êtes mes héros ! », lance Jesse Hughes avant d’entamer « Heroes », le classique de David Bowie. Le groupe revient ensuite pour un dernier medley autour de « Speaking in Tongues ». Le chanteur rejoint le balcon pour y improviser un solo de guitare face à Scott Shiflett resté sur le plateau. Dans la foulée , Dustin Douglas et Leah Bluestein lancent les premières mesures de « Ace of Spades », l’hymne de Motörhead, avant que le groupe ne retrouve « Speaking in Tongues »  dans une ultime célébration joyeuse.




Ce mardi 03 novembre à La Cigale, le rock’n’roll avait des allures de grande famille. Des regards, des embrassades et une émotion que le cabotinage de Jesse Hughes ne parvenait pas à dissimuler. Entre le prédicateur extravagant et le musicien touché par la fidélité de son public, l’homme aura livré un concert qui ne ressemble à aucun autreA. près quatre ans d’attente, les retrouvailles avaient décidément une saveur particulière. Un grand merci à Nicolas Lebouedec, aux équipes de GDP, de la Cigale et une pensée toute particulière à Corinne Mimram.

Article signé : Jean-Christophe Mary

Titres joués

• I Want You So Hard (Boy’s Bad News)
• I Got a Feelin (Just Nineteen)
• Cherry Cola
• I Like to Move in the Night
• Solid Gold
• Don’t Speak (I Came to Make a Bang!)
• Keep Your Head Up
• The Ballad of Queen Bee and Baby Duck
• Poor Doggie
• Chase the Devil
• Eagles Goth
• Shasta Beast
• Bag O’ Miracles
• I Only Want You
• Complexity (reprise de Boots Electric)
• I Love You All the Time
• You Will Never Walk Alone (reprise de Gerry and the Pacemakers)
• « Heroes » (reprise de David Bowie)
• Speaking in Tongues / The Ace of Spades / Speaking in Tongue

Catégories

musique

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