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Déflagration Rimbaud.

Les lumières sont tamisées, l’ambiance est intimiste. Seul un magnifique piano habille le plateau. Alain Klingler, artiste multi-talentueux, rentre sur scène pour la première représentation de Déflagration Rimbaud. Des bagues à tous les doigts, il porte une chemise blanche et un pantalon de jogging rouge. Ce détail vestimentaire, contrastant de manière insolente avec l’élégance de la poésie de Rimbaud, m’interroge encore aujourd’hui.

La vie d’Arthur Rimbaud nous est récitée, contée, chantée.

De sa naissance en 1854 à Charleville, quartier de Charleville-Mézières dans les Ardennes françaises, à sa mort en 1891 à Marseille, le poète aura consacré 5 ans de sa vie à la littérature (de ses 14 à ses 19 ans).

Elève surdoué, décrochant tous les prix d’excellence, le principal de son collège aurait dit : « Rien de banal ne germera dans cette tête. Ce sera le génie du mal ou celui du bien ».

Cette opposition revient d’ailleurs souvent quand on décrit le jeune Arthur Rimbaud : « Derrière ce visage d’ange, on trouve la beauté du diable ».

Bohème, Rimbaud ne veut pas travailler : « Mes camarades seront rentiers, notaires ou commerçants ».

Entre Paris, Bruxelles et Londres, il chercher à réinventer le sens des mots, à révolutionner la langue française, voire à trouver une nouvelle langue.

Il rencontre Paul Verlaine. En résultera Une saison en enfer, 53 pages de trésor poétique autobiographique écrit après le coup de pistolet que son amant lui tire, et qui fera « couler plus d’encre que de sang ».

Puis il rencontre Germain Nouveau, avec qui il composera Les Illuminations.

A presque 20 ans, il abandonne subitement amants, compagnons, co-créateurs, Muses et poésie, pour aller faire le tour de l’Europe et découvrir l’Orient qui le fascine. Et à ce moment-là, alors qu’il renonce à la littérature, il n’aura publié qu’un seul ouvrage, à compte d’auteur (Une saison en enfer), et quelques poèmes.

Cette épopée Rimbaldienne passe par les mises en musique de Léo Ferré, Sapho, Hubert-Félix Thiéfaine, Patti Smith, Barbara,…

Le récit musical est méditatif, fluide, sincère et sans tabou. Il est calme. Et impactant aussi.

J’ai apprécié la référence à Lacan : « La satisfaction du désir vous rend non-désirant » et à Virginia Woolf : « La rose cesse d’être rose quand vous la nommez ».

Je suis sortie du théâtre toute hébétée et désorientée par ce poignant voyage poétique, et je ne peux que vous encourager à tenter l’aventure.

Emmanuelle BAUMONT, art-thérapeute.

Distribution :

Alain Klingler : chant, jeu, piano.

Production : Ad Libitum.

Proposition musicale et littéraire. Création Avignon 2026.

Informations pratiques:

Festival OFF d’AVIGNON, du 04 au 25 juillet 2026 à 12 h 15.

A 12h45 au Théâtre Verbe Fou, 95 rue des Infirmières.

Les jours impairs. Relâche le mercredi. Durée 1h15.

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